Industrie
Lixiviation en tas enrichie en oxygène
Le document technique de référence de l’EPA américaine sur l’or (1994) décrit la lixiviation en tas comme l’application d’une solution de cyanure sur un minerai à faible teneur posé sur des aires étanches, et indique que la réaction avec l’or libre dépend de l’oxygène, si bien que la solution est oxygénée avant l’application ou pendant l’aspersion.
Comment fonctionne la lixiviation en tas de l’or
Le document technique de référence de l’Environmental Protection Agency américaine sur l’or, publié en août 1994, décrit la lixiviation en tas au cyanure comme une méthode relativement peu coûteuse de traitement des minerais d’or à faible teneur, la lixiviation en cuve étant utilisée pour les minerais à plus forte teneur. Il indique que la lixiviation en tas peut comprendre tout ou partie de ces étapes :
- préparation d’une aire avec une géomembrane imperméable ;
- concassage ou agglomération du minerai, si nécessaire et rentable ;
- mise en place du minerai sur les aires par camions, bouteurs, convoyeurs à bande ou autres équipements ;
- application de la solution de cyanure par goutte-à-goutte, aspersion ou irrigation par bassin ;
- collecte de la solution dans des fossés, canalisations, bassins ou cuves.
Lorsque le liquide percole à travers le minerai, le cyanure forme des complexes avec l’or et d’autres métaux. Le document note que l’efficacité de la percolation peut être un facteur limitant, et donne un cycle de lixiviation moyen d’environ 3 mois, en citant une source de 1988.
Pourquoi la solution de lixiviation est oxygénée
Le même document de l’EPA indique que la réaction de la solution avec l’or libre dépend de l’oxygène, et que la solution est donc oxygénée avant l’application ou pendant l’aspersion. Pour la lixiviation en cuve, il décrit une mine où de l’air est injecté pour fournir l’oxygène dont le cyanure a besoin pour dissoudre l’or ; voir oxygène pour la lixiviation de l’or.
Tas de biooxydation et aération forcée
Un article de 1996 publié par la Society for Mining, Metallurgy & Exploration (SME) indique que la biooxydation en tas des minerais d’or réfractaires sulfurés exige de grandes quantités d’oxygène. La solution de lixiviation qui percole dans le tas en apporte une quantité négligeable, car la solubilité de l’oxygène dans l’eau est de 7 à 8 ppm à la saturation atmosphérique, et il n’existe que trois moyens d’apporter de l’oxygène au tas : la circulation d’air par convection naturelle, la diffusion de l’oxygène depuis la surface ou la ventilation forcée.
Le même article situe le besoin, à utilisation maximale de l’oxygène, à près de 100 m³ d’air par tonne pour un minerai contenant 2 % de pyrite, et note que les bactéries sont en dormance à des concentrations d’oxygène inférieures à environ 3 % dans l’air (1 ppm en solution).
Essais de lixiviation en tas enrichie en oxygène
Un article de la SME de 1990 rapporte des essais préliminaires en colonnes chez Hazen Research, dans lesquels les colonnes balayées à l’oxygène ont montré une hausse à la fois de la vitesse de lixiviation et de la récupération maximale de l’or, ainsi qu’une baisse de la consommation de cyanure, par rapport aux colonnes alimentées en air. Ses auteurs citaient comme avantages possibles une cinétique de lixiviation plus rapide, un cycle plus court, des récupérations plus élevées et une utilisation plus efficace des aires permanentes ou réutilisables, et indiquaient que le concept devait encore être confirmé sur les plans technique et économique à l’échelle commerciale.
ULTRAOX VSA
Ultra Controlo cite la lixiviation de l’or dans les mines parmi les applications de l’ULTRAOX VSA, sa centrale d’oxygène industrielle. L’ULTRAOX VSA délivre de l’oxygène de 75 % à 95 % à 50 kPa, avec un surpresseur d’oxygène supplémentaire sur demande pour des pressions plus élevées ; elle est livrée sur skid ou en conteneur, et peut remplacer des systèmes cryogéniques avec réservoirs d’oxygène liquide ou fonctionner comme source principale d’alimentation. Voir générateurs d’oxygène pour les mines.
Autres questions
Pourquoi une lixiviation en tas a-t-elle besoin d’oxygène ?
Le document de l’EPA américaine de 1994 sur l’or indique que la réaction de la solution de cyanure avec l’or libre dépend de l’oxygène, si bien que la solution est oxygénée avant l’application ou pendant l’aspersion.
Qu’ont montré les essais en colonnes de 1990 avec enrichissement en oxygène ?
Un article de la SME de 1990 rapportait une lixiviation plus rapide et une récupération de l’or plus élevée dans les colonnes d’essai balayées à l’oxygène que dans les colonnes à l’air, et indiquait que le concept devait encore être confirmé sur les plans technique et économique à l’échelle commerciale.
Sources
- EPA (États-Unis), Technical Resource Document: Extraction and Beneficiation of Ores and Minerals, Volume 2, Gold, EPA 530-R-94-013 (août 1994)
- J. McMaster et C. W. Kenney, Oxygen-Enhanced Heap Leaching, Society for Mining, Metallurgy & Exploration (1990), résumé sur OneMine
- R. W. Bartlett, Aeration Requirements for Heap Biooxidation of Refractory Gold Ores, Society for Mining, Metallurgy & Exploration (1996), résumé sur OneMine
- Fiche technique ULTRAOX VSA, p. 2 et p. 3
Les chiffres Ultra Controlo proviennent de ses fiches techniques. Les faits de tiers ont été lus à la source à la date indiquée.